Hospitalité chez les équipes féminines

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Je reviens d’un gros bloc de courses par étapes et je dois admettre que, bien que j’ai eu beaucoup de plaisir à performer dans les différentes disciplines des Grands Prix auxquels j’ai participé, j’ai été agréablement surprise par le support et l’ouverture des équipes qui forment notre peloton féminin.

Comme vous le savez, cette saison, je cours à titre d’indépendante. C’est la première fois que je suis, en quelque sorte, seule. J’ai toujours fait parti d’une équipe parce que je suis une fille de gang. En fait, en début de saison, j’avais plusieurs appréhensions à rouler solo et j’admets que ça m’a un peu stoppé à prendre le départ des évènements. Personne n’aime être seul, aller aux courses seul, épingler ses numéros seul, s’échauffer seul… Bref, j’avais une retenue.

Les derniers quatre jours de courses ont changé à 180 degrés la perception que je m’étais fait. La vérité, c’est que j’ai découvert un mouvement d’entraide, de partage et je me suis fais de nouveaux amis que je n’aurais peut-être jamais eu la chance de connaître autrement. J’ai aussi beaucoup appris des équipes, et j’ai repris confiance sur mon vélo.

Jeudi dernier, j’avais la chance de prendre le départ d’une course que je voulais faire depuis des années: Le Grand Prix de Gatineau. Une course UCI réservée aux cyclistes féminines de l’Élite International qui fait un tracé incroyable dans le parc de la Gatineau. Pour participer à cet évènement unique, il faut faire parti d’une équipe invitée. C’est ma très bonne amie Andréanne, ancienne coéquipière d’équipe, mais toujours coéquipière de coeur, qui m’a convaincu:

– « Aweille, on va avoir du fun! « 

J’aime le vélo, j’aime les côtes, j’aime le parc de la Gatineau pis j’aime avoir du fun; j’ai dit oui. C’est sous les bonnes ailes de la formation Québécor Stingray, une équipe féminine Québécoise qui encadre notre meilleure relève de coureuses junior et U23, que nous avons pris leurs couleurs pour de cette course. Je n’avais jamais eu la chance de me rapprocher des coureuses de cette équipe et je ne connaissais pas la super structure derrière cette organisation. Après notre débriefing avec Yannick, le directeur sportif, je me suis dis: OK, on est ailleurs. 

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Les explications étaient claires. J’ai appris les bases; quel bras lever en cas de problème, comment communiquer, où se placer, comment naviguer dans la caravane. Ce sont toutes des petites choses que je n’avais jamais encore appris.

La course s’est super bien déroulée pour moi. Bien que j’ai été très intimidé par les coureuses au départ et que je me suis sentie petite dans mon cuissard au sein du peloton, je m’en suis plutôt bien tirée.

Le lendemain, on passait de Gatineau à Baie Saint-Paul pour le Grand Prix de Charlevoix. J’étais déjà explosé de la veille, mais contente de ma course, donc dans un bon mood pour la suite.

Mon épreuve, c’était le Contre-La-Montre. Cette année, je voulais pas laisser passer cette chance de mettre ma puissance à profit. J’avais patenté tout un set-up de TT en empruntant les barres, le casque et en me trouvant une roue pleine.
Donc la veille, en fixant mes barres sur mon guidon, ce qui devait arriver arriva; j’ai écrasé le fil de mon Di2, comme une imbécile… Plus de réponse, plus de lumière, mon vélo ne shiftait plus. Je me suis ramassée assise sur le plancher, en larmes, pendant que mon ami et coach William faisait tout son répertoire de contact pour me trouver un fil de remplacement pour le lendemain et où mon chum Rémi sortait ses talents de mécanicien pour rabouter les fils et fixer le tout avec du duck tape pour dépanner. Il était 22h30… L’épreuve du TT était à 9h tapante le lendemain.

J’étais sur que je venais de mettre mon Grand Prix au poubelle. C’est finalement Christian de l’équipe Probaclac qui me donna généreusement un fil de remplacement et Sébastien chez CycloChrome qui remplaça le bris, quinze minute avant l’épreuve. En moins de temps qu’il n’en faut, l’incident était déjà histoire du passé.

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J’ai fais un super TT.
Je tiens à dire que je n’avais encore jamais roulé sur des barres, ni avec une roue-pleine et que je n’avais jamais mis un casque de CLM sur ma tête. Rookie de A à Z, j’ai rigolé pendant dix bonnes minutes en me voyant déguisé en balle de golf. Et j’ai donné un max sur mon vélo, qui shiftait désormais comme un charme. Ça a été payant.

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En après-midi, c’était l’Ascension. Pour ceux qui ne l’ont jamais encore fait, l’ascension c’est 7K de plat pour se rendre au pied d’une bosse de +/- 5K qui atteint un pourcentage maximal de 24%. Si tu n’es pas en avant quand ça commence à grimper, t’es hors-course.

J’ai donc fait en sorte que ça marche pour moi, et ça a marché! J’ai grimpé un max et j’ai fini pas pire comme je le voulais.

Ces deux épreuves combinées m’ont mis 3eme au classement général. J’étais fière pas à peu près. Il me restait plus qu’à chiller le lendemain au routier et tenir devant pour assurer ma place au podium cumulatif.

Mais faire de la course de vélo sur route, c’est aussi dealer avec les imprévus. Des fois ça va bien, des fois ça va moins bien. Alors qu’on entamait la dernière épreuve du dimanche, deux kilomètres avant la première bosse qui allait déterminer qui serait en avant et qui resterait derrière, j’ai eu un accrochage avec une cycliste, qui cassa un rayon de ma roue arrière. MER-DE! En toute innocence, j’ai mis en action mes acquis du GP Gatineau et j’ai levé ma main droite tout en plaçant mes plateaux pour faire un changement de roue. Je tiens à rappeler à tous que je suis indépendante et que je n’ai aucun support de caravane qui m’est proprement destiné.

En me rangeant sur le coté, j’ai vu Jeff de l’équipe ECF Apogee et son acolyte sortir de leur voiture en courant avec une roue.  Ils ont fait mon changement en un temps éclair, et m’ont poussé pour repartir. Sans leur générosité, mon Grand Prix était foutu. J’aurai DNF la course et le cumulatif.

Précisons ici que la cycliste qui se trouvait derrière moi au classement cumulatif était une de leur coureuse.

Ils auraient bien pu me faire un pied de nez et me laisser sur le bord de la route. Mais sans se poser de question, et de bonne foi, ils ont non seulement changé ma roue mais m’ont aussi remonté jusqu’à la première bosse. Moi qui voulait me la couler douce, je peux vous dire que j’ai refait un TT de 35 minutes pour rattraper le groupe de chasse et finir cette foutue course. On peut dire que j’avais « eyes on prize » parce que je ne sentais et n’entendais plus rien d’autre que ma respiration que je tentais de contrôler pour ne pas que mon coeur s’emballe.

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ECF Apogee est une nouvelle équipe sur le circuit compétitif féminin dont la mission est de promouvoir le cyclisme au féminin. On peut dire que c’est mission accomplie. Grâce à eux, je reviens avec une 5eme position au Grand Prix de Charlevoix. Je suis vraiment heureuse de savoir que la formation ait monté sur la troisième marche du podium. Julie a fait un super routier et l’équipe mérite aussi cette médaille pour leur aide.

On est trop peu souvent reconnaissant de ce que l’on reçoit. Pour ma part, je n’aurai jamais assez de remerciements pour les gens qui ont volontairement et de bonne foi pris le temps de m’aider. Dans le sport, en ce qui me concerne, il n’y a pas de compétition au delà des courses. Ne nous voyons pas comme des rivales, montrons du soutien pour le grand travail et les efforts que les gens mettent dans leur sport et dans leur équipe.

En somme, mon indépendance me permet d’ouvrir mes horizons et apprendre sur chacune des coureuses qui forment le peloton. Cette ouverture me permet également de voir la saveur de chaque équipe. La mission est différente pour tous, qu’elle soit axée sur la performance, l’apprentissage, l’organisation ou la promotion de commanditaires, chacune apporte son lot de différences.

C’est une des raisons pour laquelle je roule en blanc; BORN INDEPENDENT est le mélange de toutes les couleurs, qui, selon ma vision, rassemble toutes les équipes du peloton.

De tout coeur, Laurie.


Photos
Michel Guillemette,
Vincent Drouin – Vélo Gazette
ECF Apogee 
Équipe Cycliste Québécor Stingray

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