2 janvier

« Une symbiose tellement forte et une connexion tellement intense qu’il m’est difficile de vous la décrire en mots. »

Capture d’écran 2015-12-28 à 10.44.51

Je suis aveuglée par la luminosité maximale que l’écran de mon téléphone cellulaire me catapulte dans les yeux. Il est tôt mais je considère que j’ai dormi un peu plus tard qu’à l’habitude.

J’appuie du bout du doigt sur mon application Facebook. J’ai une ou deux notifications pas trop importantes. C’est toujours la première chose que je fais le matin au réveil; je vagabonde sur mes réseaux sociaux pour voir ce que j’ai manqué, ou pas, durant les 5 heures-ish de sommeil que j’ai accordé à mon corps.

Je suis emmitouflée dans mes couvertures et je dors avec des bas de laine.

« Les vieilles filles dorment avec des bas ».

Ouais, dans mon cas, c’est juste que je suis nouvellement célibataire et un peu frappée par le manque de chaleur dans mon lit. C’est aussi la raison de mon insomnie puisque je ne trouve jamais le repos sans tracas depuis quelques mois. Mais j’ai pas à me plaindre, le célibat est bienvenue et plutôt commun dans ma génération. Presque tous mes amis sont en mode solo-molo-yolo et quand j’en aurai marre, je n’aurai qu’à devenir Tinderella à mon tour. C’est le nouveau trend et il paraît que c’est l’application idéale pour te choisir une date (ou plusieurs) à moins de 3 km. Tinder propose tellement d’options comparables à du magasinage en ligne qu’il ne suffit que de quelques right-swipes pour te choisir un nouveau petit chum vite fait à partir de ton téléphone cellulaire. Sans compte Paypal!

wow

Anyways, ça ne change rien au fait que ce matin, les deux yeux collés dans mes bas de laine, je suis seule…


#throwback un an plus tôt.
2 janvier 2015 – Montréal secteur Plateau, Centre-ville.


Je suis assise à l’îlot de la cuisine, je dessine et je bois mon thé. Le soleil plombe par la fenêtre et rempli la pièce de lumière chaude. Hier, une tempête de verglas à couvert la ville de glace et j’anticipe déjà mes prochains déplacements à vélo.  Le vélo d’hiver c’est pas toujours « jojo » et, honnêtement, il faut être un peu fou pour sortir la monture aujourd’hui.

Mon téléphone s’allume sur la table et me laisse savoir que j’ai reçu un Messenger. Un nom inconnu s’affiche:

« Bonne année ! Est-ce qu’on se voit au party telle date? »

Le message ne s’adresse visiblement pas à moi. Une erreur involontaire; il n’avait pas fait gaffe à la Laurie interpellée. J’en fais tout de suite mention et il se reprend d’excuses. La conversation nous amène à interchanger un peu; il est messager à vélo. On est du même milieu, donc ça va de soi qu’on soit déjà des amis sans se connaitre encore. Montréal c’est petit et Facebook c’est facile alors pourquoi pas ?

De fil en aiguille, la conversation nous détermine une rencontre, la journée même, dans un de mes cafés préférés de la ville.

Quand j’arrive sur place, je vois un beater fixe cadenassé après lequel j’attache le mien. J’entre au Kitsuné et je scanne l’endroit du regard. Il est assis sur le bord de la fenêtre, café en main. Ses cheveux sont en bataille et maladroitement coupé. À ses pieds, des chaussures à clips mais aussi un immense sac couleur camo déguisé de patchs colorées. Il n’y a aucun doute sur la personne, je ne peux pas me tromper, c’est lui. Ses yeux clairs me fixent et me ils me charment instantanément, il en aura fallu peu.

Il me sourit.

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On échange ensemble un café et on parle de « bikes ». Dans le milieu, c’est nos conversations « du beau temps ». Mais je ne l’écoute plus. Ses mouvements corporels m’appellent, son look, son odeur, sa gestuelle m’attirent comme un aimant. Je sais déjà  que je veux le revoir.


La première fois que mes lèvres ont touchées les siennes, mon coeur s’est emballé de frissons. Il y avait vraiment longtemps que je n’avais pas ressenti autant d’attirance pour quelqu’un. Une symbiose tellement forte et une connexion tellement intense qu’il m’est difficile de vous la décrire en mots.

J’étais en amour avec ce garçon.

On a passé près d’un an ensemble. Il était devenu mon meilleur ami, mon confident, mon partner, tout en étant mon amoureux. J’avais pleinement confiance en nous et nous partagions la même folie pour le vélo et les cafés. Ce fût une année rempli de bonheur qui teinta mon quotidien d’amour.


02.01.2016


Aujourd’hui, vous vous en doutez bien, la passion nous a séparé comme la braise d’un feu de paille. Comme tous les amours éphémères, on s’est brisé et on s’est quitté, me laissant dans le deuil. J’ai pas tant d’expérience sur les amours à longs termes. Ma vie amoureuse s’étale sur des relations courtes et passionnelles. J’ai appris que lorsque l’on s’engage dans une relation, on s’engage aussi avec le potentiel d’une rupture. C’est beau l’amour et c’est beau de s’accorder autant de bonheur. On oublie trop souvent combien il est bon de s’ouvrir à l’autre et de laisser son coeur et son corps aimer pleinement. Certes la descente est douloureuse, mais comme je ne suis pas dupe, je comprends qu’il n’est qu’une question de temps avant de m’ouvrir à nouveau et revivre le même sentiment.

Ce matin, donc, je suis seule et je fais quelques boites dans ma tête sur ma relation. Je pack la désillusion et j’accepte que l’on se sépare pour de bon et pour longtemps. C’est le temps de te déménager de mon esprit et de rebondir ailleurs… C’est pas un big deal d’être cette journée de l’année. Je sais qu’une fois sortie de mon lit, le quotidien l’emportera sur l’émotif.

C’est juste un 2 janvier comme les autres après tout.
C’est juste un amour de perdu et un ami égaré…

Merci 2015 pour tout ce bonheur.
Bonne et heureuse année 2016 à tous.

Capture d’écran 2015-12-28 à 10.45.04

INK

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